_ J'ai l'impression de voir défiler dans ses yeux tout ce qu'on a vécu. Les moments forts de notre relation, tout au long de ces deux longues années, défilent dans ma tête embrumée par les mots que je viens de prononcer. Par les vérités dévoilées et qui font mal, si mal. Je vois dans la profondeur de ses yeux toute cette amitié qui nous grignotait l'existence il y a de ça quelques mois. Puis, petit à petit, elle nous a quitté. Sans que l'on s'en rende compte. Non. On ne s'est même pas rendus compte que l'amitié filait entre nos doigts, et qu'on ne faisait rien pour la retenir. Le pire ? Ce n'est pas le temps qui a détérioré et usé l'amitié, nous sommes les seuls fautifs. Et je m'en veux, à cet instant, de ne pas l'avoir valorisé. Je regarde en arrière et je nous vois, toi et moi, nous disputer pour tout et rien. Quels idiots. Quels inconscients. Et pourtant, pouvons-nous nous blâmer pour tant de maladresse ? D'inexpérience ? Pour toutes nos erreurs, et notre incapacité à nous sauver ? Je ne crois pas. __Tu sais. Avant, les cicatrices de notre amitié meurtrie me brûlaient à chaque conversation, un parfum, une chanson, un film qu'on aurait vu ensemble. Ce n'est plus le cas. Ce n'est plus une plaie béante qui me rappelle constamment ta présence, mais une émotion fantôme charriant des bribes d'un temps révolus. La question n'est pas pourquoi en est-on arrivés là, mais comment. Comment, oui. Mais oui, je te comprend. Je comprend. Je ressens ça, moi aussi. J'ai mal. On a du mal à dire au revoir à ce temps, cette époque, cette relation. A nous. Mais il le faut. Il n'y a plus rien, si ce n'est que des souvenirs qui nous collent fébrilement à la peau, si ce n'est que des sentiments fantômes qui errent dans nos corps oubliés. Mais notre amitié, celle qui nous dévorait crus sans pitié, elle n'est plus là. Et nous sommes les seuls coupables. Alors, Pardonnes-moi. Pardonnes-moi de t'avoir laissé filer. Pardonnes-moi de n'avoir pas su rendre notre amitié éternel, comme on le prétendait. Pardonnes-moi de ne pas avoir su l'entretenir et la protéger du Monde et du temps... Mais on sait maintenant. On a apprit... On a apprit Que ce n'est pas l'amitié qui doit dicter nos relations, mais nos relations qui doivent guider notre amitié, car sinon il s'égare.
Pardonnes-moi de ne pas avoir su...
Je dis souvent que c'est passé. Que c'est du passé. Que j'ai oublié cette partie. Que je n'y pense plus. Que ça ne me touche plus quand on m'en parle... En vérité, je ne pourrai jamais oublier cette partie de ma vie... Trop de bons souvenirs restent et resteront gravés dans ma mémoire mais surtout dans mon c½ur.
Certaines personnes pensent que cela ne m'atteint plus. Que cette partie je l'ai oublié. Que je m'en contre-fiche. Que les personnes que j'ai connus pendant ce temps je les ai oublié, elles aussi...
J'aurais beau m'expliquer pendant des heures sur ce sujet, je n'arriverai pas à vous expliquer ce que je ressens dans mon trop petit c½ur... J'aurais beau essayer de me justifier, cela ne servira à rien... J'ai déjà essayé... Maintenant, je ne souhaite qu'une chose : Oublier... Pour que cela ne me fasse plus mal. Pour que vous ayez raison... Mais je sais que je ne pourrais pas... Parce que je ne le désire pas assez. Parce que c'est mon histoire. Mon passé. Mais j'essaierai d'oublier. J'essaierai pour Toi.
Mon présent est autrement maintenant...
Je dois m'y faire...